Femua, plus qu’un festival musical

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A’salfo, le commissaire général du Femua et le leader de Magic System
A’salfo, le commissaire général du Femua et le leader de Magic System

Il n’y a pas que la musique au cœur de ce festival dont la 15e édition a pour invité d’honneur le Togo. Evènement culturel majeur en Afrique, le Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua) aborde aussi les questions de développement économique et social. Le festival bat son plein, à Abidjan et à Baouké, jusqu’à dimanche avec notamment Booba et Baaba Maal en tête d’affiche.  A’salfo, le commissaire général de l’événement, également leader de Magic System, explique le choix du Togo, le thème et les objectifs de l’événement.

La Côte d’Ivoire aux rythmes des musiques urbaines, du 25 au 30 avril 2023. Au-delà de la musique, l’objectif de l’organisation est « de créer un festival et lui donner une colonne vertébrale basée sur le social pour venir en aide aux plus démunis ». Le Femua permet de construire des écoles, des hôpitaux, de créer des conférences qui permettent aux jeunes de débattre autour des sujets d’actualité. Cette année, « nous avons choisi l’agriculture durable et la sécurité alimentaire pas seulement en tant qu’artistes mais aussi leader d’opinion », affirme A’salfo sur RFI.

L’Afrique doit tirer des leçons de la crise de covid et la guerre en Ukraine. Pour le leader du groupe Magic System, « il est important de s’appuyer sur la jeunesse africaine (70% de la population) pour les amener à s’investir dans l’entreprenariat agricole ».

Plus qu’un rôle politique

L’artiste n’est pas qu’un simple chanteur. Aujourd’hui, « c’est celui qui doit porter haut les messages de valeurs, tout ce qui peut contribuer au développement de notre continent et c’est ce que nous faisons avec le groupe Magic System », déclare A’salfo. Il soutient que « la musique a plus qu’un rôle politique. La chance est que la musique aujourd’hui a un rôle de fédérateur. Elle n’a pas de parti politique, elle n’a pas d’appartenance ethnique ni religieuse. Donc c’est un bon canal pour fédérer, pour promouvoir des valeurs ».

Pourquoi le choix de Bouake. C’est la deuxième plus grande ville de la Côte d’Ivoire, répond A’salfo. Elle a subi des conséquences de la crise politique, se souvient-il, et les autorités y mettent des moyens pour sa reconstruction. « Elle fait partie des villes qui accueillent la coupe d’Afrique des nations et le Femua est en quelque sorte une coupe d’Afrique de la musique. Aller à Bouaké, c’est montrer au gouvernement ivoirien que nous accompagnons toutes les actions qu’ils entreprennent pour le développement de la Côte d’Ivoire ».

Le Togo, invité d’honneur

« La musique, c’est de la diplomatie culturelle », exclame le commissaire du Femua. Le Togo, faut-il le rappeler, est intervenu politiquement pour la libération des 49 soldats ivoiriens détenus au Mali. « Nous allons remercier le Togo culturellement », assure-t-il.

Pour la petite histoire, le Togo et la Côte d’Ivoire se prennent pour des pays frères qu’il n’y a même pas d’ambassade du Togo en la Côte d’Ivoire alors que c’est le pays qui a la plus forte communauté de Togolais de l’extérieur au monde. C’est cette communauté que nous voulons honorer. Donc cela va renforcer les liens d’amitié.

Santrinos Raphael est à la tête de la délégation togolaise.

Quant à Booba

« Quand on est arrivé en France pour la première fois dans les années 2000, c’est lui qui était le premier artiste à paraître dans notre clip et à promouvoir la chanson 1er Gaou ». A’salafo et son équipe invite Booba au Femua, pour permettre à « des milliers de jeunes de voir gratuitement son concert, le premier en Afrique après celui du stade de France ».

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