Un film togolais taxé de faire l’apologie de viol

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Salon du cinéma au féminin
Affiche - Salon du cinéma au féminin
C’est un coup dur pour « Le Salon du Cinéma au Féminin – édition Togo » qui a décliné sa sélection officielle des films en compétition. Pas de bol, l’un des films, ‘’Mea culpa’’ de la jeune togolaise Estelle Akpaki passe sous les fourches caudines d’une association féministe au nom qui pourrait être blacklistable sur Facebook, « Les négresses féministes ».

Selon cette association, ‘’Mea Culpa’’ « relate l’histoire d’une fille violée, qui présente des excuses à sa famille et à sa communauté en justifiant son viol par une exposition exacerbée sur les réseaux sociaux, un mode d’habillement et le rejet de l’éducation parentale, prenant ainsi toute la culpabilité du crime qu’elle a subie ».

« vague d’indignation »

Et « Dès sa publication, le film a suscité une vague d’indignation de la part d’internautes et de notre communauté », soulignent les féministes du Togo, qui ont signalé le film aux organisateurs du Salon du Cinéma au Féminin – édition Togo. Elles indiquent que le « film renforçait la culture du viol », et ont recommandé le retrait du film des réseaux sociaux et de la compétition.

Nous nous sommes heurtés à un refus au prétexte que des experts du festival n’y trouvaient aucun problème et que nous étions les seules que le message du film dérangeait. Tous les échanges de la journée du Jeudi 27 Octobre 2022, tous initiés par nous se sont soldés par des échecs. Nous avions trois demandes à savoir : retirer le film des réseaux sociaux, retirer le film de la compétition, et entrer en contact avec la réalisatrice. (Extrait du communiqué des Négresses féministes du Togo).

Face à l’incompréhension des organisateurs, l’association a mobilisé les réseaux sociaux et incité le film à l’indignation publique.

Il est quand même clair que l’on ne peut pas initier des cadres de promotion des femmes, tel que le Salon du cinéma au Féminin, pour ensuite y promouvoir des œuvres représentant un danger pour les femmes. C’est inadmissible pour nous et on espérait que ça le soit pour les initiateurs de ce salon également. Toute la communauté s’est alors mobilisée pour expliquer notre position. (Extrait du communiqué des Négresses féministes du Togo).

Exigences 

Les Négresses féministes ont ensuite exigé « le retrait de l’œuvre Mea Culpa des réseaux sociaux », « le retrait du film de la programmation officielle et de la compétition car le salon a pour objectif de promouvoir les femmes et leur représentation dans le secteur audiovisuel ». Et last but not the least, l’association exige « des excuses publiques de la part du Salon du Cinéma au Féminin – édition Togo à toutes les victimes de viol ».

A lire : Festival Emergence 2022 : 39 films en compétition à Lomé

Bémol, l’association souhaite accompagner la réalisatrice afin qu’elle puisse mieux intégrer la notion du viol, lui « apporter un appui technique et financier pour la production d’un court métrage sur le même thème sans faire l’apologie du viol ».

Une belle leçon de féminisme. On peut ne pas désespérer du Togo pour ce réveil des femmes en ce qui concerne l’apologie du viol, la culture du viol, voire la diffusion des images dégradantes pour la femme à travers les arts et la musique. On doit prendre date avec les Négresses féministes du Togo.

L’Echiquier, N°96 du 04 nov 2022

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